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Au cœur de la première capitale des Hammadite « Maâdid »
Quand le tourisme redore l’image de M’sila

Quelle formidable randonnée que celle qui a permis aux membres de l’association « Les plumes touristiques », d’aller à la découverte de la commune de Maâdid et de son histoire profonde. Retour sur un voyage plaisant qu’on aurait tant voulu prolonger...

TOURISME Publié Le 14-12-2014 à 03:03 Lu 1579 fois.
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Crédit Photo : Google Images

Retourner un jour pour une autre randonnée à Maâdid, une  commune de la wilaya de M'Sila, jadis Tumsilt ou Tamsilt de son vrai nom berbère, qui veut dire littéralement « Celle qui est bien façonnée » est notre souhait. En effet, M’sila s’étend sur un espace très favorable. C’est d’ailleurs, pour cette  raison significative et bien sûr pour bien d’autres, que les Hammadite ont édifié leur première capitale, avant d’aller encore plus loin, tout près des plages de Bejaia Ennassiria. Ce qui est frappant, c’est qu’on est tenté de revenir pour parcourir cette région magnifique du Hodna, où l’air respiré est tout simplement un pur délice, embaumé de parfums de plantes naturelles qui y végètent tout le long des routes, se mêlant à des herbes excises qui font le bonheur des troupeaux de moutons et de chèvres. Si par hasard, vous êtes dans les parages, n’hésitez surtout pas à faire une halte. Vous n’allez pas le regretter. C’est sûr ! 

Nous nous sommes jetés dans les bras accueillants de M’sila et de toutes les villes et bourgades limitrophes, mais c’est surtout à Maâdid que nous nous sommes arrêtés pour revisiter des pans entiers de notre histoire, écrite sur chaque pierre de la Kalâa des Beni Hammad.

La première capitale des Hammadite fut pour nous, une espèce de retrouvailles dont on a de la peine à en saisir l’intime satisfaction. Nous aurions souhaité que le séjour dure plus longtemps. Hélas, le destin en aura voulu autrement, suite au décès de notre cher confrère Fayçal, caméraman de la chaîne privée de télévision « El Hoggar ».
En fait, nous nous souviendrons toujours de ce dernier petit déjeuner avant de prendre place dans un bus en direction d’Alger. En dépit de cette large période, ce court séjour dans cette cité est resté gravé dans notre mémoire. C’était un jeudi, 13 novembre 2014. L’horloge affichait 8h00. Nous prenions place dans un bus affrété par l’Office national du tourisme algérien (ONAT), bien aménagé pour l’excursion. Au sein du groupe, des journalistes membres de « l’association les plumes touristiques » invités par l’association de la protection des vestiges, le tourisme et l’environnement à l’occasion du festival consacré à ce thème. L’ambiance est au rendez- vous, malgré la fatigue. Déjà, à l’arrivée, les souvenirs de cette région des hauts plateaux commencent à nous revenir en mémoire. Vers 13h00, nous arrivons à la maison des jeunes. Le thermomètre affiche 20 degrés. L’accueil des autorités locales, à leur tête le président d’APC est chaleureux. Un délicieux plat traditionnel est servi. Une brève halte et c’est le moment d’entamer la randonnée.

Tourisme et culture font bon ménage
Notre premier contact : la visite du siège de la direction du Tourisme et de l'Artisanat de la wilaya de M’Sila. Nous sommes convenablement accueillis par son président qui s’est montré satisfait à propos de l’activité touristique. Il a indiqué que « le nombre des touristes a connu ces derniers temps une augmentation constante. En 2012 nous avons enregistré 2.168 touristes, en 2013 le nombre a atteint 2.286 et jusqu’en septembre 2014 nous avons enregistré 1.399 touristes.

 Les deux pôles les plus fréquentés au niveau de la wilaya sont : Maâdid et Bou-Saada », a-t-il dit.  Par rapport au parc hôtelier, il a indiqué : « Nous avons sept hôtels avec une capacité d’accueil de 740 lits. » En matière d’investissement « nous avons 17 projets qui permettront, une fois réalisés, une augmentation des capacités d’hébergement à 1.029 chambres. » La mise en place du schéma directeur d'aménagement touristique (SDAT) de la wilaya permettra à M’Sila, d’ici 2030, d’accueillir environs 450.000 touristes par an. « La wilaya recèle un riche potentiel touristique, notamment le patrimoine historique, cultuel et culturel. »

Ce potentiel, a-t-il ajouté, « lui permettra d’être une destination touristique ». « Le flux touristique au niveau de notre région ne cesse de croître.» Pour appuyer ses dires, il a cité,  à titre d’exemple,  la visite d’un  groupe de touristes japonais dans  différents endroits touristiques de la wilaya, notamment la commune de Maâdid. Notre interlocuteur a précisé : « le tourisme ce n’est pas une administration ou une direction mais une culture et un domaine qui font appel à l’amour du métier, conjugué à celui du pays » et de poursuivre : « Ce domaine nécessite réellement la contribution de tout le monde. »

Mettant l’accent sur le tourisme cultuel, il a relevé  que « cette région a connu un brassage de différentes civilisations, notamment la civilisation musulmane, ce qui a fait que certaines régions de la wilaya sont très connues  pour ce type de tourisme comme la zaouïa El Hamel. »

Rencontre avec les moudjahidine
Le moment de quitter le siège arrive.  Après une photo souvenir, nous rejoignons la maison des jeunes, pour  une rencontre organisée avec les moudjahidine de Maadid pour témoigner sur l’histoire et la contribution de la région durant la guerre de Libération. Sur leur visage apparaît une  volonté d’apporter leurs témoignages. A cet instant nous avons l’impression qu’un chapitre de l’histoire de la Révolution algérienne s’ouvre.

 Garras Belkacem, né en 1924, canne  à la main et visage ridé. Malgré le poids de l’âge, ce vieux conserve toujours une très bonne mémoire. Da Belkacem se souvient toujours de la  guerre d'Indochine (1946-1954). Il raconte : « Après mon retour d’Indochine, j’ai rejoint en 1956 l'ALN. Ma première bataille s’est  déroulée  le 10 août 1957 au djebel Bissour.

 Notre nombre ne dépassait pas 70 moudjahidine et l’armement était réellement  très faible. Nous  avons seulement 7 armes de guerre, le reste ce n’était  que des fusils de chasse de calibre 12. « Malheureusement, cette bataille a  causé la mort de 25 moudjahidine ». Après cette douloureuse et triste bataille, une autre s’était déclenchée également sous le commandement d’Abdelkader Sahnouni  au niveau de la région de Boutal à quelques kilomètres du djebel Bissour.

 Celle-ci a causé la mort d’un seul moudjahid. Notre interlocuteur nous a retracé   ensuite  la  bataille de Tel-Tamda dont les séquelles sont gravées dans sa mémoire. « Ce jour-là, nous étions surpris par les bombardements de l’ennemi. Nous étions dans un endroit où la riposte était vraiment difficile. Dieu merci ! Ce combat ne nous a pas occasionné de lourdes pertes.

Les monuments témoins de l’histoire
Lendemain matin. Maâdid baignait sous un soleil resplendissant. Un moment agréable pour la randonnée. Le chemin nous mènera au centre d’accueil des moudjahidine. Ce dernier est situé à quelques mètres de la Kalâa des Béni Hammad.

 Sur les lieux, on a vraiment l'impression d'entrer dans cette époque glorieuse. Cet édifice historique qui représente un large éventail du patrimoine historique de la guerre de Libération, en particulier de la commune de Maâdid est dans un mauvais état. Nos interlocuteurs ne cessent de souligner  l’importance de ce centre de transit. Selon eux, tous les combattants qui venaient de différentes régions d’Algérie, notamment de l’Est ou de l’Ouest passaient par ces refuges pour se reposer. Le temps est précieux.

 Pas une minute à perdre. L’itinéraire nous mènera ensuite à l’hôpital militaire Ghar Echatte. Hélas, on n’a pas  pu  voir de près ce centre historique. A cette occasion, le président de l’association de la protection des vestiges, le tourisme et l’environnement, M. Hocine a expliqué que « leur  association a envoyé à maintes reprises plusieurs réclamations aux autorités locales pour la réalisation d’une piste afin  que les touristes puissent visiter  cet hôpital, mais leurs doléances restèrent  lettre  morte. Hocine a appelé les pouvoirs publics, à cette occasion,  à  mettre en place tous les moyens nécessaires afin de préserver ces monuments historiques.

Durant ce séjour,  nous avons eu la chance également de visiter le musée de la Kalâa qui recèle des objets archéologiques de valeur. Ces derniers sont découverts lors des fouilles menées par Rachid Bourouiba et Lucien Golvin.
La collection est constituée de plusieurs pièces  en céramique,  notamment lampe à huile, dalles de sol ou de revêtements muraux.

Nous nous sommes rendus à la Kalâa des Béni Hammad qui reste un témoignage formidable de l’une des  grandes civilisations humaines. Aujourd’hui ce patrimoine est réellement menacé de disparation.

Source : EL MOUDJAHID Daté du 14-12-2014
Ecrit par : Makhlouf Ait Ziane
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