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Mots Clés

débat , tourisme en Algérie , Said Boukhelifa , Ministère , Sud Algérien ,

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Plaidoyer et questionnements sur l’Algérie touristique
Suite et fin


DÉBAT Publié Le 09-11-2014 à 06:25 Lu 1923 fois.
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Crédit Photo : Le Quotidien d'Oran

DES PERSPECTIVES HEUREUSES A L’HORIZON 2025 ?

Des perspectives heureuses et des résultats probants et positifs peuvent être escomptés à l’horizon 2025 et au-delà, à la condition sine- qua- non qu’il y ait une participation effective et convaincue de tous les secteurs concernés par la transversalité et l’inter-sectorialité. Car il s’agit de la destination Algérie qui nous concerne tous.

Il appartiendra dès lors, sur le plan territorial et local, aux opérateurs et acteurs touristiques publics et privés, aux collectivités locales, de s’en imprégner, prendre en charge et appliquer la part qui leur revient.

En parallèle, les pouvoirs publics ont dégagé, en 2010, une enveloppe importante financière de 72 Milliard de DA afin de faire rénover et moderniser tous les hôtels balnéaires, sahariens, climatiques, stations thermales évoqués précédemment en soulignant leur vétusté. Les hôtels, Le Caïd à Bousaada, le Gourara à Timimoun, la Saoura à Taghit, ont été remarquablement modernisés avec célérité, dextérité et qualité, par la nouvelle chaîne hôtelière Saint-Georges-Eldjazair resorts, dont dépendent, ces 3 hôtels ainsi que le» Kerdada à Bou-Saada (ex Transat en ruines). Seul le centre touristique des Andalouses-Oran, sur la côte Algérienne est en mesure de recevoir des touristes étrangers, sans aucune tare ni défaillance. Depuis les quatre dernières années, les nationaux en profitent et sont dans leur majorité satisfaits de l’accueil, des services, de la sécurité, et de l’hygiène. Jadis, il avait mauvaise réputation.

En outre, des hôtels privés de qualité sont opérationnels, chaque mois, à travers le territoire national Djilali Mehri, et sa société SIAHA, avec le partenariat du 3ème groupe hôtelier mondial «ACCOR» projette de réaliser 30 hôtels.

Quatre ont été ouverts IBIS Bab Ezzouar, IBIS Tlemcen, IBIS Oran, un IBIS et un Novotel du même groupe, à Constantine. La rénovation hôtelière se fait crescendo, il faudrait par corollaire, une rénovation des mentalités.

Les hôtels publics dans leur majorité étaient devenus rebutants (la faute de l’Etat, ce grand mammouth givré) car ils étaient nombreux à ne pas bénéficier de rénovation depuis leur ouverture dans les années 1970 car l’Algérie touristique souffre d’un déficit d’image, c’est-à-dire, une image négative dans l’imaginaire des touristes potentiels qui résident au niveau des principaux marchés émetteurs de touristes. Cette situation remonte aux années 1990. Par conséquent, il faudrait un plan d’action promotionnel et de communication, bien pensé, bien structuré et destiné à des marchés touristiques qui expriment, via leurs clientèles, des besoins en termes de produit touristiques exotiques, à savoir le tourisme Saharien et culturel, deux offres touristiques que l’Algérie est en mesure de proposer et de prendre en charge convenablement à court terme.

Quant au tourisme balnéaire souffreteux depuis 1981, c’est sur le long terme, à l’horizon 2030. Commençons d’abord par satisfaire la demande nationale qui est confrontée à un déficit en lits d’hôtels chaque été. (Moins de 40.000 lits, camping inclus, en bord de mer, moins de 8000 lits en milieu saharien et moins de 900 lits en milieu montagnard ( Talaguillef, Tikjda, Seraidi, Chréa). Par ailleurs sans une adhésion convaincue à ce cadre de références qui définit la politique touristique à l’horizon 2030. Il s’agit du schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT). Sa prise en charge territoriale néanmoins, requiert tout un panel de ressources humaines compétentes.

Ce SDAT était attendu depuis le début des années 1980, on a évolué à vue, réalisant par ci, par là, des actions ponctuelles, sporadiques, limitées dans le temps et dans l’espace, sans lendemain, parce que sans conviction.

Un immense retard à rattraper, en somme ! Mais le SDAT se trouve toujours dans les limbes de l’indifférence des pouvoirs publics et des collectivités locales. Quant au tourisme algérien, la finitude de son «voyage au bout de la nuit», pour paraphraser, Louis Ferdinand Celine, n’est pas pour demain et son chemin de croix perdure toujours.


LES AGENCES DE VOYAGES SAHARIENNES SONT-ELLES DANS UN ETAT PRECAIRE ?

Effectivement, elles le sont depuis 2008 et dans une situation désespérée. Il faut qu’on sache qu’une seule agence de voyages là-bas nourrit 4 à 5 familles et il faut rappeler aux amnésiques et signaler aux profanes,  qu’à l’époque ou le glaive et le sang régnaient au Nord, à Bentalha, Benrais, Beni-Messous, Relizane et ailleurs, les chancelleries occidentales dissuadaient farouchement leurs concitoyens à se rendre en Algérie.

Mais grâce à ces hommes bleus, et enfants du désert, de Tamanrasset, de Djanet, d’Illizi, de Ghardaïa, de Timimoun, d’Adrar et de Béchar, régions pauvres, la destination Algérie ne fut pas retirée de la carte touristique mondiale, commercialement parlant, grâce au professionnalisme de ces agences, grâce à leur dévouement, leur force de persuasion et à leur pugnacité, ils arrivèrent à convaincre leur partenaires-tour opérateurs à envoyer leurs touristes sans risque. Ainsi plusieurs groupes étaient arrivés entre 1993 et 2007.

L’Algérie figurait sur les sites web-internet et sur les brochures touristiques des tour operators, pendant toute cette longue période noirâtre au Nord... Mais depuis les problèmes au Nord-Mali, au Niger et l’épisode tragique de Tiguentourine (39 morts), en Janvier 2013 qui leur porta l’estocade. Ces braves agents de voyages du Sud réclamèrent une aide, une assistance, une subvention financière. Ils écrivirent à Ouyahia un courrier pathétique et alarmant. Sans suite.

Le ministre du Tourisme en 2013, Hadj-Said, se déplaça chez eux pour leur déclarer une balourdise, la résilience «pourquoi attendre indéfiniment les touristes étrangers, faites du tourisme domestique, envoyer des touristes autochtones (du Sud) vers le Nord !» c’était dit doctement et benoîtement, mais quelle méconnaissance de la demande locale, quasi inexistante. Les populations du Grand-Sud n’ont pas la culture des voyages organisés, ni le pouvoir d’achat pour faire du tourisme au Nord ! Ils attendaient de ce ministre du tourisme une enveloppe financière, ils reçurent des fadaises ! Malheureux hommes bleus du désert, on est triste pour eux et on compatit avec eux.

Pendant de très longues années ils étaient notre fierté, dans le cadre du tourisme international (receptif). Ils demeurent les oubliés de la république !


LA BUREAUCRATIE TENTACULAIRE SERAIT-ELLE ELAGUEE ?

«Le gouvernement est avant tout une organisation coûteuse qui sert à surveiller les indisciplinés et taxer les bons citoyens. Le gouvernement ne fait pas grand-chose pour les gens honnêtes, à part les ennuyer»
Edgar Watson Howe.


Le Ministère du tourisme, après une période d’observation et d’analyse, doit être pragmatique et posséder une vision moderniste, il doit débroussailler son maquis bureaucratique et ses pesanteurs océanes, observés au niveau de son propre ministère (depuis 2005).

Il doit être contre la méthode jacobine, qui consiste à tout centraliser, car il existe, les services extérieurs déconcentrés, qui sont les directions de tourisme de wilayas. Elles sont proches de la réalité du terrain et c’est à elles de suivre et de mettre en application les textes réglementaires émis par la centrale. La tutelle jouant son rôle de régulateur, et de concepteur de textes de lois, de normes... Tout une batterie de textes réglementaires a été reprise, sous le ministre Benmeradi, afin d’élaguer les articles qui dérangeaient et mécontentaient les investisseurs potentiels.

Une véritable bouffée d’oxygène pour la profession mais qui tarde à arriver (mentalités figées). Car ces dernières années, les services centraux du Ministère se confinaient à des tâches d’exploitation et d’exécutions (délivrance d’agréments) qui revenaient incontestablement à ces directions du tourisme de wilayas, qu’il est temps de revaloriser.

Cette situation ankylosante est dûe, il faut l’avouer, au tarissement de l’ingénierie touristique au niveau  de l’administration centrale, qui a besoin d’un souffle nouveau, sous l’impulsion d’un panel de compétences  avérées à recruter. L’ancien ministre Mohamed Benmeradi était, à juste titre, contre le principe des commissions nationales marécageuses, au sein de son ministère. Assouplissement, allègement, encouragement, accompagnement, seront les mots clés afin de relancer les investissements.

Dans un passé récent, les structures centrales concernées sciemment ou inconsciemment, ont causé des préjudices financiers et moraux à certains investisseurs, à cause de leur lymphatisme et de leur indifférence pénalisante (entre 2005 et 2013). N’est-ce-pas une injustice, voir un supplice, que de faire déranger une agence de voyage d’Adrar, Djanet, Tamanrasset, Bechar,Tebessa et d’autres régions de l’Algérie  profonde, alors que les directions de tourisme sont en mesure de faire ce travail administratif, des plus élémentaires.

Car, bon sang de bon sang, il ne s’agit pas d’un agrément à attribuer à une centrale nucléaire, similaire à  celle d’Ain-Oussera ! Figurez-vous, que pour faire légaliser une photocopie de l’agrément obtenu, on torturait moralement, les agences de voyages de toutes ces régions éloignées, en leur exigeant de venir le faire au ministère. Ainsi, la salle d’attente ressemblait à celle d’une APC ! Et tenez-vous bien, seuls, le directeur de la structure et son sous-directeur étaient habilités à légaliser ces photocopies. Et quand ils  étaient tous les deux absents en même temps, pour une réunion à l’extérieur, ou en séminaire, il faudrait  repasser la prochaine journée de réception.

En 2008, un conseiller doyen, mis fin au calvaire de ces concitoyens, en saisissant par une note véhémente le ministre de l’époque, Cherif Rahmani qui la fit appliquer illico-presto. Malheureuse Algérie qui a vu deux hauts fonctionnaires de l’état, nommés par décret présidentiel, se complaire à se rabaisser à légaliser  des photocopies ! Mais, il y a toujours un mais, car ce conseiller-doyen, n’était pas arriver à convaincre, 3 ou 4 ministres, à faire déléguer les agréments aux directions de Tourisme de wilaya, car des têtes pensantes les dissuadaient en déclarant que c’était un risque que de laisser cet acte administratif, le contrôle des documents exigés, à l’appréciation des hommes de terrains (les agences de voyagent activent pourtant sur leur territoire).

Ainsi, la note du premier ministre, Sellal, contre la bureaucratie en 2012 est complètement ignorée, le citoyen continue à souffrir le martyre ! Perdant son temps et son argent, (et étant victime du déclenchement, parfois, du diabète ou de l’hypertension !)

Enfin, pour terminer, cette litanie, il faudrait que le concept des 4 "C" reprenne le dessus sur celui des 4 "I" qui prédomine depuis quelques années, au ministère et dans ses services déconcentrés.


LES 4 "C" :

1 - Conviction : Sommes- nous, tous, convaincus de la reconstruction du tourisme algérien et notamment, ceux qui incarnent l’Etat, les décideurs, les hauts fonctionnaires ?

2 - Compétence : La conviction de faire développer le tourisme, fait appel à la compétence.

3 - Convergence : La conviction et la compétence aboutissent à des convergences de vues et à des cohérences de stratégies porteuses.

4 - Concrétisation : les 3 précédents" C" mèneront vers la concrétisation des objectifs tracés, politique et stratégies d’investissement, de formation, de promotion et de communication.


LES 4 "I" :

L’indifférence : par opposition à la conviction et à la motivation.

L’incompétence : L’indifférence permet l’émergence de l’incompétence.

L’irresponsabilité : Celle-ci découle de l’incompétence.

L’impunité : Les précédents "I" sont entretenus par l’impunité.


«il faut savoir ce que l’on veut, et quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire et quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire !»
Georges Clemenceau.


Le chemin sera difficile et long pour inverser la tendance ! Nous avons accumulé beaucoup de retard depuis 1981. Il est temps de se ressaisir «le temps c’est outrageant ennemi !», disait Axel Kahn, tous ensemble, avec l’adhésion convaincue de tous.

«Quand cela devient urgent, il est déjà trop tard» disait Talleyrand ! Toujours est- il «qui ne croit pas à la destination Algérie, ne croit pas à l’Algérie tout court !» C’est le véritable mot de la fin.

Source : LE QUOTIDIEN D'ORAN Daté du 09-11-2014
Ecrit par : Said Boukhelifa
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