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Illizi , Djanet , Abderrahmane Dehadj , Abdelkrim Kouider , Touareg ,

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LA RÉGION REGORGE D’ATOUTS
DJANET À LA RECONQUÊTE DES TOURISTES
SI L’HOMME A FAIT DE DJANET UNE VILLE MODESTE, la nature et l’histoire, par contre, l’ont choyée.

Elle regorge d’immenses potentialités touristiques à l’image du Parc national du Tassili N’Ajjer, des gravures rupestres et des sites archéologiques, des oasis et des palmeraies, des grottes et des dunes de sable...Bref un musée à ciel ouvert.

TOURISME Publié Le 02-11-2014 à 20:59 Lu 2525 fois.
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Crédit Photo : Google Images

Relevant de la wilaya d’Illizi, Djanet est située à l’extrême sud-est de l’Algérie. Sa renommée dépasse ses frontières. Pour les touristes étrangers, elle est la Mecque du sud algérien. Mais aujourd’hui, la perle du Sahara attire moins de monde. Non pas parce qu’elle a perdu de son charme d’antan, ni que ses habitants sont devenus moins accueillants. Les raisons sont à chercher ailleurs.

Ici, à Djanet, les Touareg sont unanimes : les différents événements qui ont éclaté autant au Mali, en Libye, qu’à Tiguentourine (Aïn Amenas), ont eu une influence fatale sur le tourisme dans la région.

LE CONSTAT

«Djanet n’accueille plus les touristes comme avant. Leur nombre a considérablement chuté», lance un guide touristique. Un avis que partage, dans le fond et dans la forme, le gérant d’un hôtel situé au centre-ville. D’un ton amer, celui-ci regrette que sa ville natale soit boudée par les touristes étrangers.

Il a qualifié la chute de « brutale» et «du jamais vu». «Notre hôtel est pratiquement vide. Les chambres restent inoccupées pendant des mois. C’est une situation délicate. Nous sommes inquiets», se plaint il. Que faire ? «Nous sommes impuissants face à cet état de fait.

L’Etat ne doit pas nous abandonner. Il faut que les responsables nous aident à trouver une solution. Laisser les choses telles qu’elles sont, sans rien faire, c’est signer l’acte de décès du tourisme dans notre région. C’est une perte pour nous, pour le tourisme local  et pour l’Algérie», dit-il. En attendant, seules quelques personnes de passage et de rares touristes nationaux viennent, particulièrement les week-ends. Mais là encore, fait-il remarquer, les choses ne sont pas faciles. «Le billet d’avion Alger-Djanet coûte excessivement cher pour les touristes nationaux», explique-t-il, non sans souhaiter une baisse de tarification pour encourager le tourisme local en cette période de disette. Les propriétaires des agences de tourisme ne sont pas en reste.

L’inquiétude se lit sur leurs visages. Ils estiment que la situation est alarmante, difficile à supporter et difficile à surmonter. Le gérant d’une agence située au centre-ville n’y est pas allé par trente-six chemins pour tirer la sonnette d’alarme  : «Rien ne va à Djanet. Le tourisme est en chute libre. Depuis deux ou trois ans, la situation ne cesse de se dégrader. Les choses vont de mal en pis», lâche-t-il. Pourtant, «la sécurité existe ici à Djanet. Il n’y a pratiquement rien à craindre. Tous les circuits sont sécurisés», rassure-t-il. Selon lui, la situation en Libye a eu pour effet de décourager les touristes étrangers de se rendre en Algérie et, particulièrement, au Sud.

«C’est une immense perte pour nous», ajoute-il, non sans amertume. Victime collatérale, l’artisanat est frappé de plein fouet par le recul de l’activité touristique. Les clients, qui faisaient jusque-là le bonheur des artisans, se font rares. L’activité est menacée de disparition. Là encore, le constat est angoissant. La majorité des magasins spécialisés  dans la vente de produits artisanaux sont déserts. Point d’acheteurs. Au niveau du marché quotidien de la ville, les artisans croisent les doigts en espérant des jours meilleurs. «Le tourisme est notre gagne-pain. Nous n’avons que cette activité pour gagner notre vie et assurer l’avenir de nos enfants. Mais depuis quelques années, les clients, dont la plupart sont des touristes étrangers, se font désirer», souligne un artisan spécialiste dans la fabrication de produits en cuir. Il poursuit  : «Beaucoup d’artisans n’ont pas pu supporter le rythme. Ils étaient obligés de mettre la clé sous le paillasson», déplore-t-il. 

«IL N’Y A PAS LIEU DE S’INQUIÉTER...»

Mais contrairement à ces professionnels, le directeur du tourisme et de l’artisanat de la wilaya d’Illizi, Abderrahmane Dehadj, est optimiste. «Actuellement, nous sommes au début de la saison.

La période d’affluence des touristes étrangers se situe entre le mois d’octobre et avril. La saison ne fait que débuter. Pour l’instant, ça commence bien. Il y a des touristes étrangers, une centaine, qui sont sur place. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter», rassure-t-il. Pour lui, les hôtels ne sont pas un indice fiable à prendre en compte pour expliquer l’absence de touristes dans la région. Et pour cause : «On n’a pas un tourisme d’hôtel au Sahara, mais de bivouac. On attend les touristes à l’aéroport et on les achemine directement vers le désert, là où ils passent leur séjour en pleine nature», explique-t-il. Mieux, «nous avons mis en place un dispositif spécial qui a été élaboré avec la participation de tous les intervenants dans la chaîne touristique. Le but est de faciliter la tâche aux agences de voyage pour assurer un meilleur accueil aux touristes. Le dispositif est respecté par tout le monde», fait-il savoir.

Il annonce que tous les sites touristiques sont ouverts sans exception. Pour lui, cela constitue une preuve édifiante et palpable que les choses, sur le plan sécuritaire, s’améliorent. «Vous l’avez constaté de vos propres yeux, les lieux sont sécurisés, il n’y a rien à craindre», soutient-il. Même son de cloche chez le chef de la daïra de Djanet. Abdelkrim Kouider a mis en avant l’intérêt des pouvoir public à promouvoir le développement local de la région. Il déclare que des projets structurants ont vu le jour dans la daïra et d’autres seront réceptionnés très prochainement. Il affirme qu’un cahier des charges pour la réalisation d’une zone d’extension touristique (ZET) est prêt. Pour les autres projets, il fait savoir que la route reliant Djanet à Illizi est totalement goudronnée. Comme il annonce la réception, le mois prochain, du projet portant le transfert de l’eau potable vers la ville. Il est question, également, de la réalisation d’une station d’épuration, dont les travaux ont atteint un taux d’avancement de 95%.

UNE BEAUTÉ JAMAIS ABÎMÉE

Les Touareg sont plus que jamais déterminés à reconquérir le cœur des touristes étrangers. D’autant qu’en termes d’image, la région garde toutes ses cartes de séduction. Sa beauté naturelle est toujours sublime. Il est presque 14h. Le soleil s’est montré, une fois n’est pas coutume, clément en cette journée d’automne. La région est connue pour ses chaleurs torrides. La délégation du Haut conseil à l’amazighité (HCA) met les dernières retouches pour préparer une plongée dans les profondeurs du désert. La délégation est composée d’enseignants universitaires venus participer à un séminaire national dédié à tifinagh. L’ambiance est au beau fixe.

Tout le monde attend avec impatience ce grand moment.Pour certains, c’est une première. Les guides sont ici. Ce sont eux les maîtres des lieux. Mehdi est l’un des connaisseurs des méandres de ces endroits. Il dit que sans guide, le visiteur le plus averti se perdra facilement. «Nos sorties dans le désert se font très rares. Les touristes se font désirer dans la région. La balade d’aujourd’hui est une occasion pour retrouver notre territoire. C’est un moment de joie et de défoulement», lâche un chauffeur d’un 4x4 qui travaille pour le compte d’une agence de tourisme. Il ne croyait pas si bien dire.

La délégation du HCA s’est vraiment éclatée dans les dunes avec le 4x4. De pures merveilles abritent ce vaste endroit. Des paysages à couper le souffle. Les visiteurs sont écrasés par la beauté excessive du site. «Je n’ai vu que de belles choses, une beauté naturelle sans égale. C’est une région touristique par excellence», souligne un quinquagénaire. Visiter Djanet, c’est aussi un voyage dans le temps et dans... l’histoire. «La géologie a bien fait les choses», souligne  Ali Ait Kaci, archéologue, qui fait plonger le visiteur tout au long de la randonnée dans l’histoire du site et  l’origine des gravures. Il dit que ce décor est l’œuvre de millions d’années d’érosion fluviale et éolienne.

 Conséquence : la vache qui pleure, un endroit qui a laissé ses empreintes sur la roche et dans l’imaginaire des visiteurs. Reste que le temps, moins d’une demi-journée, n’est pas suffisant pour visiter tous les endroits, aussi magnifiques les uns que les autres, à l’image du Tassili. Il est presque 18h. Le soleil lance ces derniers feux rougeoyants. L’ombre de la nuit avance rapidement.

Mais Djanet espère des jours meilleurs...

Source : HORIZONS Daté du 03-11-2014
Ecrit par : Amokrane H.
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