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RESTRUCTURATION DU TOURISME
L'éternel recommencement

Quelque 9000 chambres d'hôtels à gérer quand la dernière du Top 10 des chaînes internationales en est à près de 200.000 chambres!

TOURISME Publié Le 29-10-2014 à 12:59 Lu 1076 fois.
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Crédit Photo : Google Images

Quand une entreprise ou un groupe d'entreprises va mal, on opère une restructuration. Autrement dit, on met en place de nouvelles structures -les anciennes s'étant avérées inefficientes- pour éviter la faillite d'abord, et prendre en charge ensuite ses impératifs de développement. Cette restructuration répond généralement à des difficultés conjoncturelles ou de fond. Les réajustements structurels liés à des difficultés conjoncturelles répondent au besoin d'adapter l'organisation aux contraintes liées à des faits, des événements ponctuels entravant les progrès envisagés.

Les refontes structurelles liées à des problèmes de fond répondent quant à elles au besoin d'adaptation de l'organisation, afin de faire face à des contraintes majeures dues à des mutations rapides du marché, à une absence de compétitivité de l'organisation en place. Si une restructuration du secteur touristique est à l'ordre du jour actuellement, à quel genre de difficultés répond-elle sachant que les déclarations des différents responsables qui se sont succédé à sa tête ont toujours, dans un triomphalisme béat révélé des bilans étonnamment positifs? A chaque début de saison estivale, on a eu droit aux sempiternels «tout est fin prêt pour accueillir les estivants» et à chaque fin de saison, aux astronomiques statistiques de fréquentations des plages. Aux dires aussi de ces responsables et de façon régulière, les projets de lancement d'instituts de formation foisonnent, les investisseurs se bousculent aux portes de l'institution, et on ne sait plus quel est le nombre exact de projets d'hôtels «en cours» de réalisation, tellement ces chiffres changent d'un ministre à un autre et tellement on ne sait plus quelle en est vraiment l'échéance?

Même les entrées de touristes en Algérie sont en constante évolution, ne cesse-t-on pas de répéter à chaque occasion. Alors, si tout va pour le mieux, pourquoi une restructuration? C'est probablement que la réalité des choses a rattrapé les déclarations officielles périodiques et confondu leurs auteurs. De nombreux investisseurs continuent de se plaindre des lourdeurs bureaucratiques. Seule une école digne de ce nom a vu le jour depuis des années de «bonnes intentions», alors que la qualité des services a atteint un niveau de médiocrité dramatique pour défaut de qualification. Les métiers de l'hôtellerie et du tourisme, dévalorisés, sont en pleine déliquescence. Les statistiques d'entrées sont trompeuses et les véritables touristes, en intégrant même les hommes d'affaires, sont dérisoires et peu glorifiant. Quant au produit touristique national, il est incapable de soutenir la concurrence, loin qu'il est des standards internationaux. Une organisation en valant une autre, celle actuellement en vigueur prêche non pas par défaut de forme mais par défaut de contenu. Elle ne dispose pas, en effet, ni des compétences requises ni des pouvoirs nécessaires pour l'accomplissement de ses missions. Et pourtant, le portefeuille confié à Gestour est dérisoire. Quelque 9000 chambres d'hôtels à gérer quand la dernière du Top 10 des chaînes internationales en est à près de 200.000 chambres!

La désertion de la destination algérienne a, par ricochet participé à la déperdition de ses personnels et vidé les structures des compétences existantes, tous métiers et tous niveaux confondus. Alors qu'il faut agir dans le sens de la reconstitution des fichiers de compétences, on s'évertue à faire la chasse aux «plus de 60 ans» comme si de jeunes cadres compétents se bousculaient aux postes d'encadrement et qu'il faille les libérer pour laisser place aux arrivants. Restructurer est totalement superfétatoire. Comment l'ont été les nombreuses restructurations précédentes. Renforcer les structures en place, donner plus de pouvoir, responsabiliser, intéresser, motiver, former, voilà les maîtres mots pour constituer la ressource humaine apte à agir et revigorer le secteur.
La facilitation, l'encouragement des investissements suivront d'eux- mêmes. La densification de l'appareil de formation s'imposera d'elle-même, car suscitée par un besoin réel de qualité service.
Quant à la participation aux salons internationaux, elle pourra enfin se professionnaliser et se libérer de ses relents administratifs pour se consacrer au véritable travail de promotion de la destination.. C'est tout cela qui, avec patience, persévérance, participera à redorer le blason de la destination Algérie et relancer le flux de touristes vers elle, clé de la réussite du tourisme algérien.

Source : L'EXPRESSION Daté du 29-10-2014
Ecrit par : Slimane SEBA
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